La Grande Marche – Résumé de la pièce

La Grande Marche de Wolfram Lotz, auteur dramatique né à Hambourg en 1981, est une déclinaison en trois grandes parties du théâtre que Lotz appelle de ses vœux dans l’appendice intitulé « Discours sur le théâtre impossible ».
Présentée d’emblée comme une critique de l’économie de la culture, l’écriture dramatique de Lotz travestit le discours politique et le discours de la théorie dramatique sous le vernis de l’ironie et du grotesque. Les rôles sont clairement distribués : une comédienne, l’auteur en personne, le président du Conseil d’administration de la Deutsche Bank, Hamlet, le président du Syndicat des employeurs, « deux comédiens laids de sexe masculin », un gros comédien, Patrick S. de Zwenkau près de Leipzig, le metteur en scène, un serpent géant qui caricature à lui seul toute une tradition de l’allégorie théâtrale et du théâtre politique engagé, « vingt-et-un enfants mongoliens » qui dévastent le théâtre et en chassent le public, la mère de l’auteur, Lewis Thornton Paine, Bakounine, et toujours en dialogue avec la comédienne, la figure mythologique de Prométhée, accompagnée de sa cinquantaine de Néréides, sans oublier la voix d’un ordinateur.
Les indications scéniques, souvent absurdes (le buffet de salades de pâtes décrit avec une méticulosité confinant à l’abstraction, les escalators disposés bout à bout « comme sur les dessins de M. C. Escher »), et les nombreuses intentions introduites dans les descriptions jusqu’à les rendre consubstantielles au propos dramatique, ajoutent à la richesse du texte et à ses nombreuses implications. Discours théorique, donc, citations
implicites, récitations de slogans et répétitions rythmées se font place tour à tour.
La 1 re partie, « Sur la Fraction armée rouge ou quelque chose d’autre », tourne en dérision l’impératif de la critique politique au théâtre.
La 2 e partie, « Venez et mangez », prend le contre-pied de l’obligation imposée par le théâtre actuel d’afficher sa fibre sociale.
La 3 e partie, « La Critique de la raison pure de Lotz », parodie les grands thèmes philosophiques et notamment celui de la fatalité de la mort.
Ode vibrante à la négativité dans le traitement de la réalité au théâtre, appel à la restauration des droits de la fiction, seule véritable garante d’une vérité à la hauteur des espérances de la jeune création dramatique, l’appendice apparaît tel un prolongement de la lecture d’un billet illisible, griffonné par l’auteur et remis à sa mère à la toute fin de sa pièce, mot énigmatique commenté par l’une des protagonistes : « Tout ça, c’était pour rien ? »

Source : Site de la Maison Antoine Vitez

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