Les Extraordinaires Frères Limbourg – lecture d’un extrait en langue originale

Lecture par Beniamin M. Bukowski

Extrait du texte lu en français

DE BERRY

Ma collection réunissait sept cents tableaux. À l’époque, personne n’avait eu l’idée de collectionner l’art pour sa valeur. Je menais des guerres, j’empêchais les suivantes grâce aux actions diplomatiques, je concluais des alliances et tramais des intrigues. Il y eut un temps où mon frère et moi étions les premiers du pays. J’avais un riche duché. Malgré tous mes privilèges, j’ai fini par le ruiner. Au moment de ma mort, les finances étaient au plus bas. Si les images ont réussi à me détruire, moi, l’homme aux multiples relations, et mon duché, alors qu’adviendra-t-il des villes d’Europe d’aujourd’hui, où les riches citoyens, au travail et après, allument tous les jours leurs ordinateurs pour regarder comme des étourdis le flot d’illustrations qui se déverse sur leurs écrans ? Les
chats, la mode, le sport, la pornographie. Je passe la niaiserie des sujets. Et aucune de ces images ne leur appartient. Elles sont virtuelles. Aucune n’est sur du papier. Moi, je peux dire : voici un livre de prières réalisé pour le duc de Berry, Jean de Valois.

Traduction Agnieska Zgieb

Les extraordinaires frères Limbourg – Résumé

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